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Vienne Historique

Du néolithique le Poitou garde ses mégalithes, menhirs et dolmens comme témoins de plusieurs époques qui ont traversé ces terres. Cet ancien héritage est représenté par les châteaux, les églises, les cités médiévales, les abbayes dévoilant leur charme à chaque visiteur. Découvrez l’histoire de la Vienne à travers ses événements les plus marquants !

De la Préhistoire au Moyen Age

A la préhistoire, la Vienne est peuplée par les Pictes, la tribu celte qui s’étendait du nord de la Loire jusqu’au sud de la Charente, et du Massif Central à l’est jusqu’à l’océan. Grâce à leur force et à l’alliance avec les Romains, les Pictes créent une zone d’influence à Limonum, ancien nom de Poitiers, et y construisent la première forteresse. Avec l’aide de saint Hilaire, le premier évêque de la ville, Poitiers devient un foyer de la pensée Chrétienne et résiste à l’assaut des deux peuples germaniques : des Vandales en 406 et des Wisigoths vers 462. Avec l’arrivée des Francs, Clovis défait les Wisigoths lors de la bataille de Vouillé en 507 et réunit pour la première fois la Gaule franque et catholique.

Le 6e siècle est remarquable par l’arrivée de sainte Radegonde sur les terres poitevines. Fille du roi du Thuringe, elle devient contre son gré l’épouse du roi franc Clotaire et ainsi la reine franque. Après l’assassinat de son frère par son mari, elle se consacre à Dieu et établit la première abbaye pour femmes à Poitiers (aujourd’hui l’église Sainte-Radegonde) dans le but d’aider les pauvres et les malades. La vie de la sainte Radegonde est associée à de nombreuses légendes, dont la plus connue est la légende de la Grand’Goule, le dragon souterrain qui tuait les citadins. D’après cette histoire, sainte Radegonde est allée à la rencontre du dragon et lorsqu’il est venu dans la ville elle l’a tué en cassant sur son nez le broyé du Poitou.

Un peu plus tard, la région du Poitou s’expose à une large invasion musulmane avec à sa tête Abd-el-Rahman. Avec la bataille de Poitiers en 732, Charles Martel sauve la Chrétienté et marque une frontière entre l’Orient musulman et l’Occident chrétien. Grâce à cet événement, l’Eglise catholique prend son essor et le Poitou bénéficie de nombreux monastères et abbayes.

L’arrivée des comtes du Poitou

Au 9e siècle la France subit plusieurs tentatives d’invasions barbares : musulmans d’Espagne, Hongrois, Grecs et surtout les Normands. Pour arrêter la destruction, le comte Ranulf II défait les Normands près de Poitiers en 868 et bat aussi les Aquitains en récupérant leurs terres. Les succès militaires du comte Guillaume le Grand au 10e siècle permettent de constituer un véritable état Aquitain qui sera autonome face au pouvoir royal. Ces victoires consolident l’importance des comtes du Poitou devenant par la même ducs d’Aquitaine.

Sous l’égide de ces nouveaux gouverneurs, le Poitou se développe beaucoup et bénéficie de la construction de plusieurs édifices civils et religieux. Les conquêtes militaires apportent de l’argent et favorisent la construction et la rénovation des édifices notamment à Charroux, Nouaillé, Saint-Savin, Fontevrault.

Vu cette édification croissante, il existe même une légende de la fée bâtisseuse Mélusine. D’après cette histoire, Mélusine a réalisé certaines constructions exceptionnelles dont le plus connu est le château de Lusignan. Pendant la nuit la fée transportait dans son tablier de gros blocs de pierres qui servaient à ériger des bâtiments. On dit aussi qu’il lui arrivait parfois d’en perdre quelques-uns en vol, ce qui explique la présence de divers blocs rocheux dans le paysage poitevin.

La vie de Mélusine est aussi pleine de mystères. Un jour dans la forêt de Lusignan elle rencontre un seigneur poitevin parti à la chasse avec sa suite. Charmé pas la beauté de la jeune femme, le seigneur la demande en mariage. Elle accepte sa proposition à une seule condition : ne pas chercher à la voir le samedi où elle était contrainte de s’isoler dans sa chambre. Quelques temps après leur mariage, l’époux de Mélusine manque à sa parole et la découvre dans sa chambre, le bas du corps transformé en serpent. Désespérée, la fée s’enfuit et disparait à jamais.

L'Art Roman du Poitou

Capitale du centre-ouest, Poitiers attire beaucoup de gens venus s’y installer. La puissance économique de la région permet le développement d’un nouveau style architectural : l’Art Roman. Les artisans, stimulés par les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, créent des monuments novateurs servant de modèles aux pays voisins. L’architecture romane se distingue par une technique sculpturale qui montre la plasticité et la lumière intense de la pierre calcaire. Cet art des premiers siècles du Moyen Age porte l’empreinte non seulement de l’influence latine ou romane mais encore grecque et byzantine.

C’est une architecture d’équilibre et de simplicité : le décor géométrique des corniches et contreforts fait preuve d’une technique de taille de pierre originale. La terre poitevine garde plusieurs exemples de ce style architectural dont l’abbaye de Ligugé, l’église Saint-Pierre-les-Eglises à Chauvigny, l’abbaye de Saint-Savin et ses anciennes peintures murales ou encore l’église de Notre-Dame-la-Grande à Poitiers. En été et à Noël, grâce aux Polychromies de Notre-Dame, il est possible d’admirer cette dernière en teintes chatoyantes pour imaginer comment l’église était à l’époque de sa construction.

La gouvernance d’Aliénor d’Aquitaine

Au 10e siècle, Aliénor d’Aquitaine, la fille ainée de Guillaume X, hérite du comté de Poitou. Etant une personnalité très importante pour la cour royale française et la cour royale anglaise, elle gouverne longtemps le Poitou au nom de son fils Richard Cœur-de-Lion. Sous sa gouvernance la région connaît un grand essor : la mise en place des chartes de commune pour alléger les taxes du roi anglais, la fortification de la ville, la rénovation et la construction de nouvelles bâtisses, notamment la cathédrale Saint-Pierre ou la Salle des pas Perdus au Palais de justice à Poitiers. Les comtes de Poitou, à l’origine des familles héréditaires du trône royal, acquirent de plus en plus de pouvoir et d’indépendance tout au long du 12e siècle.

La guerre de Cent Ans

A la fin de sa vie, Aliénor lègue son duché à Jean-sans-Terre, son dernier fils. Cependant en 1204 le fief du Poitou est confisqué par le roi de France. Un peu plus tard, les terres poitevines subissent plusieurs batailles de la Guerre de Cent Ans (1340-1453) dont la plus connue est la bataille de Nouaillé-Maupertuis en 1356 entre les Anglais et les Français. Il faudra près d’un siècle de défaites et de victoires pour que le Poitou soit rattaché au royaume français et que l’unité de la France soit reconstituée. A la fin du siècle de guerre, Charles VII de France, devenu comte de Poitou en 1417, fait de Poitiers la capitale et y installe son parlement jusqu’à la libération de Paris en 1436. C’est aussi à cette période que Jeanne d’Arc passe à Poitiers pour son premier interrogatoire dans le Palais de justice (anciennement le palais des ducs d’Aquitaine).

La guerre met fin à la grande période glorieuse poitevine, mais Poitiers garde de l’influence grâce au diocèse et à son université. La création de l’université en 1431 est due à l’exil de l’université parisienne à Poitiers lors de la guerre de Cent Ans. Ce sont d’ailleurs les premiers professeurs de l’université de Paris qui examinent Jeanne d’Arc pour déterminer la vérité sur ses voix. Au 15e siècle, l’université de Poitiers compte 4 000 étudiants parmi lesquels des esprits brillants comme René Descartes, Pierre Ronsard, François Rabelais.

Les guerres de religion et la création de l’Acadie

Lors de la seconde moitié du 16e siècle, la France est envahie par les guerres de religion où les Catholiques s’opposent aux Protestants. Le Poitou est un théâtre de guerre important car les idées calvinistes se répandent très vite à Poitiers et à Châtellerault. Cette nouvelle foi touche en priorité le milieu universitaire et gagne ensuite les artisans et les commerçants. Le mouvement calviniste favorise le développement des écoles et ainsi l’instruction de la population.

A cette époque la ville subit peu de changements à part une vaste construction d’hôtels particuliers à la Renaissance : hôtel Fumé, hôtel Berthelot, hôtel Jean Baucé. Le plus remarquable est l’hôtel Fumé, bâtiment de style gothique flamboyant du 16e siècle, qui abrite aujourd’hui la faculté de Sciences Humaines de l’Université de Poitiers.

Les guerres de religion détruisent peu à peu le Poitou qui se trouve extrêmement pauvre et ruiné. La révocation de l’édit de Nantes (document reconnaissant officiellement le protestantisme) en 1685 par Louis XIV fait que de nombreuses élites protestantes émigrent vers l’Amérique du Nord. Elles jouent d’ailleurs un rôle important dans la conquête du Nouveau Monde et la création de l’Acadie, colonie française au Canada. Quelques temps plus tard, les habitants de l’Acadie sont déportés par les troupes britanniques vers la Louisiane, l’Angleterre et la France. Certains reviennent en Poitou, dans le pays Châtelleraudais pour habiter dans les maisons construites à leur intention. Dès 1785, la majorité des nouveaux arrivants repartent vers la Louisiane par le port de Nantes.

Au 17e siècle, Poitiers tire sa prospérité de ses fonctions administratives comme la justice royale, l’évêché, les monastères, intendance de la généralité (territoire administratif de la France de l’Ancien Régime). A la fin du 18e siècle, l’intendance est au cœur de quelques changements importants pour Poitiers : création du jardin Blossac (par le vicomte de Blossac), l’aménagement des rues municipales…

La Révolution française

A la fin du 18e siècle, le Poitou accueille la Révolution française avec enthousiasme. Le changement de système politique amène à la réorganisation de la structure du pays et à la création des départements administratifs. C’est ainsi qu’en 1790 on crée le département de la Vienne avec six arrondissements : Poitiers, Châtellerault, Civray, Montmorillon, Lusignan, Loudun. A l’occasion du déplacement des autorités royales, on plante le premier arbre de la liberté en 1793 au parc de Blossac.

Au 19e siècle, sous le Second Empire, on construit de nombreuses casernes à Poitiers qui en font une ville de garnison. Par exemple : la caserne Dalesme dans l’ancien monastère Montierneuf, la caserne Sainte-Catherine dans un ancien monastère également, le champ de tir à Vouillé. Avec l’arrivée du chemin de fer, on construit la gare de Poitiers ainsi que l’hôtel de préfecture de la Vienne dans le style Louis XIII.

Les grandes guerres du 20e siècle

Le 20e siècle est une période assez troublante pour le Poitou. La guerre de 1914-1918 le prive d’environ 5% de sa population et de nombreux agriculteurs poitevins migrent vers le sud-ouest lors de la période d’entre-deux-guerres. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le département accueille beaucoup de réfugiés du Nord de la France et héberge même le gouvernement belge. L’avance des troupes allemandes place la Vienne en zone d’occupation. Ainsi, plusieurs camps de concentration sont construits autour de Poitiers et utilisés jusqu’à la Libération en 1944.

Pendant la guerre, Poitiers est un pôle important de Résistance française qui a commencé début 1940 par des cheminots de Poitiers détournant des wagons de munitions vers la zone sud. Lors du repli des troupes allemandes en 1944, la gare de Poitiers est presque complètement détruite à cause d’un fort bombardement. Le comité départemental de Libération s’installe à Poitiers le 5 septembre 1944. A la fin de la guerre commence une grande période de reconstruction de la France et des villes les plus touchées. Pour réparer les nombreux dégâts, le gouvernement français porte une attention particulière à l’organisation et à l’économie du pays. Ainsi, en 1956, on crée la région Poitou-Charentes qui regroupe 4 départements formés à la Révolution française : Vienne, Deux-Sèvres, Charente et Charente-Maritime.

La Vienne à l’aube du 21e siècle

Dès les années 1980, un visionnaire fait entrer la Vienne dans le 21e siècle : Réné Monory inaugure en 1987 le parc du Futuroscope, le parc d’attractions et de spectacles basés sur le multimédia et les techniques cinématographiques innovantes.

Ce projet est avant tout mis en place pour favoriser le développement économique de la Vienne et la rendre plus attractive. Depuis plus de 25 ans, le parc du Futuroscope offre une vision futuriste à ses visiteurs avec son architecture intemporelle et ses films novateurs issus des technologies les plus avancées.

Pays du futuroscope